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Patrimoine archéologique

 Vous êtes vous déjà demandé depuis combien de temps la région est habitée? La réponse est pourtant étonnante. Le territoire de la région Chaudière-Appalaches est l'un des lieux où l'occupation humaine est la plus ancienne dans tout le nord-est du continent. En effet, les rivières Chaudière et Etchemin ont été utilisées durant plus de dix millénaires comme voies de communication entre la côte Atlantique et la vallée du Saint-Laurent. Les terres en bordure du fleuve furent parmi les premières à être colonisées sous le Régime français et le développement industriel sous le Régime britannique a contribué au développement des communautés plus profondément à l'intérieur des terres. C'est bien intéressant, mais comment arrive-t-on à savoir tout cela?

L'archéologie permet d'apporter des réponses précises. Selon l'Associaction des archéologues du Québec, « l'archéologie est une discipline scientifique dont l'objet d'étude est l'ensemble des vestiges matériels laissés par des individus ou des sociétés humaines, tels des objets, des formes artistiques, des bâtiments ou même des paysages transformés ».

Avec les nombreuses transformations qu'a subi notre territoire au cours de son histoire, plusieurs traces d'occupation sont encore perceptibles et des objets se trouvent aujourd'hui enfoui dans le sol. Parmi ces trouvailles, on compte des outils amérindiens de toutes natures, des structures d'habitations anciennes, des objets d'utilisation quotidienne et bien d'autres vestiges.

On appelle ces objets des artefacts, c'est-à-dire des pièces qui témoignent du passé. La découverte de ces objets permet de reconstituer notre histoire et ainsi de mieux comprendre la vie nos ancêtres. Plus précisément, l'archéologie contribue à comprendre :

  • les modes d'occupation
  • les changements climatiques
  • les habitudes de vie et alimentaires
  • notre histoire et l'évolution de notre société.


Deux grands univers culturels se trouvent sur le territoire, soit l'archéologie préhistorique, qui étudie la présence amérindienne, et l'archéologie historique, qui couvre la période de l'arrivée des Européens, soit de 1534 à nos jours.

Depuis des milliers d'années, les humains ont laissé plusieurs traces de leur passage. Avec tous les autres phénomènes naturels additionnés, le sol se retrouve comme un gâteau mille-feuille dans lequel chaque époque compose une couche du dessert. On appelle ce phénomène des couches stratigraphiques. Lorsqu'une fouille archéologique est entreprise sur un terrain, les chercheurs notent bien dans quelle strate ou couche l'objet est retrouvé. Cela permet de dater les artéfacts, car selon la logique, les plus récents se retrouvent près de la surface, les plus anciens plus profondément dans le sol. Lorsque le sol est bouleversé et que la séquence de strates est perdue, il est plus difficile de dater l'occupation du site et ce, même si la forme et le matériau des objets peuvent nous fournir certains indices quant à la datation.

Le travail de l'archéologue ne se limite pas seulement à la recherche et la fouille. Il doit interpréter les objets découverts afin de bien comprendre l'occupation dans laquelle ils ont été retrouvés. Par exemple, un tesson de vaisselle peut en dire bien long sur le mode de vie des occupants d'une habitation. Par sa forme, son matériau de fabrication, sa décoration et son fini il est possible d'établir le niveau social des occupants, leur fonction et leurs habitudes alimentaires et les échanges commerciaux. Sur un site préhistorique, la découverte d'une pointe de flèche peut aider à comprendre les modes de chasse, le type de gibier, la provenance du groupe et les activités qui se déroulaient sur le site. Le matériel de fabrication de la pointe permet également de connaître les réseaux d'échange entre les groupes car on retrouve à Lévis, par exemple, des pièces de 8 500 ans qui proviennent du nord des États-unis, de l'Ontario ou de la région de Mistassini dans le nord du Québec.

Le patrimoine archéologique est particulier à interpréter puisqu'il s'appuie sur des données partielles et fragmentaires. C'est un peu comme refaire le menu d'un repas à partir des miettes qui se retrouvent sur la nappe. C'est pourquoi l'archéologie est une science dont les méthodes sont rigoureuses et minutieuses. Il est important de bien gérer ou de protéger ce patrimoine car l'archéologie permet de documenter des périodes de notre histoire qui sont encore peu connues.


Le patrimoine archéologique de la Chaudière-Appalaches est sans doute un des plus méconnus. On retrouve dans la région 79 sites archéologiques dont la majorité témoignent de la présence amérindienne. Ainsi, l'archéologie permet de mieux comprendre notre territoire et l'histoire qui y est associée.

 L'archéologie préhistorique a permis de mettre à jour des sites parmi les plus anciens de la vallée du Saint-Laurent. En effet, à l'embouchure de la rivière Chaudière, dans le secteur de Saint-Romuald à Lévis, des sites témoignent d'une occupation remontant à près de 10 500 ans, soit bien avant l'apparition de la culture et de l'agriculture dans notre histoire ! De plus, ce secteur démontre une continuité d'occupation étonnante qui s'étale sur près de dix millénaires, un phénomène quasi unique au Québec. À Lévis, le parc des Chutes-de-la-Chaudière, la pointe Benson ainsi que certaines anses dans le secteur de Saint-Nicolas sont également reconnus pour leur grande richesse archéologique. On y retrouve des artefacts qui révèlent toutes les étapes d'occupation, de l'arrivée des premiers humains à la période de contacts avec les premiers colons. Ainsi, grâce aux recherches archéologiques, les scientifiques ont pu démontrer, avec un certain niveau de précision, que cette région a été un véritable carrefour d'échanges entre différentes cultures et nations de provenances diverses.

Mais comment arrive-t-on à dater des sites aussi précisément? L'archéologue n'est pas un chercheur de trésors. Toutefois, en archéologie préhistorique, une certaine découverte peut le rendre particulièrement heureux, c'est-à-dire le charbon ou l'os. Ces deux objets sont des éléments organiques qui peuvent être datés avec une grande précision grâce à la méthode du radiocarbone. Avec les résultats ainsi obtenus, il est possible d'établir le moment d'occupation du site fouillé. Sinon, il est toujours possible d'obtenir une datation approximative par l'examen de la forme des outils, leur matériel de fabrication et la hauteur géographique du site.

Par cette méthode, d'autres sites d'occupation amérindienne ont été retrouvées puis datés dans bien des régions de Chaudière-Appalaches. Citons, par exemple, à Saint-Joseph-de-Coleraine, Leclercville, Lotbinière, Berthier-sur-Mer et Montmagny. D'ailleurs, dans cette dernière région, une partie de l'île aux Oies a servie de site laboratoire pour le département d'archéologie de l'Université Laval durant de nombreuses années, permettant ainsi la formation de nouveaux chercheurs et le raffinement des méthodes de recherche.

La plupart des sites archéologiques sont retrouvés par le fruit du hasard, bien souvent lors de la réalisation de travaux d'excavation et de construction. C'est à ce moment que l'on découvre des vestiges d'une ancienne habitation ou d'une industrie alors oubliée. C'est alors que l'on réalise une fouille de sauvetage, c'est-à-dire réaliser une fouille avant la disparition du site par les travaux. C'est ainsi que l'on a pu découvrir , par exemple, les restes de deux moulins à farine dans le secteur de Beaumont, les fondations de la première centrale hydroélectrique aux chutes de la Chaudière, des vestiges du manoir De Gaspé à Saint-Jean-Port-Joli et du manoir Dénéchaud à Berthier-sur-Mer, ainsi que des installations à la Grosse-Île et de la nouvelle Ferme sur l'île aux Oies.

Outre les quelques expositions ponctuelles, peu d'endroits sont consacrés à mettre en valeur les richesses archéologiques de notre région. Or, la Ville de Lévis a consacré des efforts au cours des dernières années afin de faire découvrir le patrimoine archéologique sur son territoire. Au bureau d'information touristique du parc des chutes de la Chaudière, des artefacts sont exposés dans des vitrines, ce qui permet de mieux comprendre toutes les étapes de l'occupation amérindienne. De plus, cette municipalité a mis en ligne des outils permettant à tous de se familiariser avec l'archéologie à Lévis à l'aide d'une carte interactive et des documents expliquant chacune des cultures préhistoriques. (www.chaudiere.com/wm).

Le réseau Archéo-Québec contribue également à faire connaître le patrimoine archéologique à tous. En effet, ce réseau a mis sur pied le Mois de l'archéo durant lequel de nombreux sites de la région sont ouverts au public et animés par des archéologues.

Pour en savoir davantage, consultez ces sites :

Ministère de la Culture et des Communications
http://www.mcc.gouv.qc.ca/index.php?id=851

Association des archéologues du Québec
http://www.archeologie.qc.ca/

Archéo-Québec
http://www.archeoquebec.com/


Responsable de la capsule :David Gagné, Conseiller en histoire
Ville de Lévis
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Dernière mise à jour : Jeudi 20 novembre 2008

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Date d'impression : Jeudi 20 novembre 2008
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